Magazine Février 2017

diminuer augmenter Bookmark and Share

Comment les jeunes voient-ils leur avenir professionnel ?

Place publique

Selon les résultats d’une étude* réalisée par l’IFOP auprès des collégiens et lycéens de France agés de 14 à 18 ans, 2 jeunes sur 3 se déclarent optimistes quand à leur avenir professionnel.
 L’enseignement dispensé dans les filières scientifiques et des métiers techniques et industriels pourrait attirer davantage de jeunes en misant sur une approche plus concrète et une meilleure information sur les débouchés.

L’association Course en Cours, qui œuvre chaque année pour sensibiliser collégiens et lycéens à l’intérêt des filières scientifiques et des métiers techniques et industriels, a voulu connaître le regard que nos jeunes portaient sur leur avenir professionnel, leur orientation et leur opinion sur les filières scientifiques et techniques en particulier. Comment les jeunes voient-ils leur avenir professionnel ? Sont-ils intéressés par les filières scientifiques et techniques ?

Course en Cours a donc commandé à l’IFOP une étude auprès du public-cible afin de mieux cerner la situation et les éventuelles actions à mener pour engager les jeunes vers ces filières qui, justement, offrent de belles opportunités professionnelles mais peinent à recruter, faute de candidats.

L’optimisme des jeunes, premier enseignement de l’étude.

La bonne nouvelle, c’est que la jeunesse française est, à une large majorité, optimiste quant à son avenir professionnel ! 67 % soit plus de 2 jeunes de 14 à 18 ans sur 3, se déclarent optimistes quand à leur avenir professionnel.
Certes, leur optimisme concerne plus leur capacité à s’orienter vers les études qui les intéressent et à les mener à bien (+ de 80%). Les jeunes interrogés sont moins sûrs, en revanche, de pouvoir trouver un emploi qui les intéresse et faire carrière (55%, 59 %). « Un point qu’on peut, sans nul doute, corréler à l’âge des sondés, pointe Stéphane Truchi, Président du directoire de l’IFOP, car ils sont appelés à faire des choix déterminants pour l’avenir, alors qu’ils sont à un âge où l’on a bien du mal à se projeter... » L’enthousiasme, cela dit, est réel : les jeunes collégiens et lycéens français sont intéressés par leur avenir et pensent pouvoir mener à bien leurs études et s’épanouir dans leur domaine de formation !

Les filières scientifiques et techniques plébiscitées

L’étude est aussi révélatrice de l’image positive qu’ont les filières scientifiques et techniques, vues comme des voies d’excellence et de bonnes portes d’entrées sur le marché du travail. C’est la filière plébiscitée en premier avec 34 % des élèves interrogés qui envisagent de s’orienter vers une filière scientifique ou technique. Pour 88 % des sondés, ces filières préparent à une grande diversité de métiers et pour 82 % d’entre eux, elles permettent de trouver un emploi rémunérateur.

Le paradoxe français : des jeunes motivés, des filières plébiscitées, mais pas assez de candidats à l’embauche à l’arrivée : pourquoi ?


L’étude, met en évidence les failles en matière d’orientation scolaire et plus généralement un clivage socio-professionnel. Vue comme difficile et trop abstrait, l’enseignement dispensé dans ces filières pourrait attirer davantage de jeunes en misant sur une approche plus concrète et une meilleure information sur les débouchés. On note aussi la moindre proportion, dans ces filières, d’enfants issus de milieux sociaux moins favorisés et de femmes : six élèves interrogés sur dix affirment s’intéresser aux matières scientifiques et techniques (60%) – et notamment les hommes (74%), les enfants de cadres ou professions intellectuelles supérieures (73%). Seulement 27% des jeunes issus de familles de cadres se déclarent peu ou pas du tout intéressés par ces filières. Ils sont 48 % en revanche dans les familles dont le chef de famille est ouvrier.

Course en Cours, initiative multidisciplinaire qui invite les jeunes à comprendre les applications concrètes des matières scientifiques et techniques en concevant des mini-voitures de formule 1, lance cette année sa 11ème édition. L’étude réalisée par l’IFOP montre la pertinence du programme Course en Cours, et la nécessité de le voir se développer, tant il répond aux enjeux mentionnés par les sondés.

L’information, le point crucial

L’étude conforte les orientations du projet Course en Cours, en liant toutes les matières enseignées au sein d’un même projet, mais aussi l’importance de renforcer certains aspects du dispositif, dont la nécessité d’informer sur les filières scientifiques et techniques, leurs applications concrètes et leurs débouchés. Un bon moyen aussi d’entrer dans un cercle vertueux, puisque l’étude montre que plus les jeunes sont informés, plus ils sont confiants. L’effort d’information, réalisé aujourd’hui par le corps enseignant et l’entourage doit, de fait, être soutenu par les spécialistes de l’orientation, autant que par les professionnels des secteurs concernés.

Une nécessité, aller vers plus de concret

En mobilisant les jeunes autour d’un projet commun aux multiples facettes, Course en Cours propose, au cœur des établissements, soit dans un contexte familier pour les jeunes, un véritable coup de projecteur et une mise en pratique directe des matières scientifiques et techniques. Le concours transmet, autour d’un projet aussi ludique que pédagogique, le goût pour ces matières, et concrétise la notion de débouché professionnel. « Une notion que nous voudrions voir renforcée en invitant d’autres entreprises à se joindre à cette initiative, souligne Xavier Fouger, Global Academia Senior Director, Global Education & Academia de Dassault Systèmes, afin de diversifier l’approche métiers. »

Se donner les moyens d’attirer les femmes et de gommer les inégalités sociales Continuer à communiquer auprès des jeunes filles, est, à ce titre, encore plus important, au regard des résultats de l’étude : 53 % des femmes interrogées se déclarent peu ou pas du tout intéressées par les matières scientifiques et techniques. Or, avec 33% de participation féminine, Course en Cours montre qu’on peut surmonter leur manque d’intérêt pour les filières technologiques et surtout leur manque de confiance en elles, puisque c’est souvent par conviction qu’elles ne sont pas faites pour ces carrières que les filles s’en désintéressent. De même, les enfants issus de classes sociales moins favorisées ou les provinciaux restent encore en retrait, au vu des chiffres. C’est aussi pour réduire ces inégalités qu’une initiative telle que Course en Cours, ouverte à tous les collégiens et lycéens, et dans toute la France, trouve sa raison d’être et son utilité.

* « Comment les jeunes voient-ils leur avenir professionnel ? Sont-ils intéressés par les filières scientifiques et techniques ? » L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1004 personnes, un échantillon représentatif des élèves de troisième et de lycée général et technologique. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 30 novembre au 6 décembre 2016 .


Vos commentaires

Moteur de recherche

Recherche simple
SOMMAIRE du magazine