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Caricatures, laïcité et élections présidentielles
Robert Albarèdes
dimanche 4 février 2007,
10:49

Les 7 et 8 février aura lieu le procès intenté à « Charlie-Hebdo » par la Mosquée de Paris, l’Union des Organisations Islamiques de France et la Ligue islamique Mondiale après la parution d’un numéro spécial de l’hebdomadaire satirique reprenant les caricatures, parues dans un journal danois, se moquant d’un personnage historique que les musulmans reconnaissent comme prophète et présenté dans des situations peu avantageuses .

Passons sur l’instrumentalisation de ces caricatures - parfois falsifiées d’ailleurs - par les structures les plus extrémistes de cette religion afin d’enflammer des foules ignorantes et aliénées appelées à soutenir leurs intérêts sectaires...

Oublions les accusations de « racisme » portées par ceux qui confondent allègrement ce mot avec celui de « religion », assimilant ce qui relève de l’identité inaliénable de chacun et ce qui renvoie à son choix idéologique et spirituel afin de mieux imposer leur loi confessionnelle et de mieux s’attaquer à la liberté d’expression, corollaire de la liberté de conscience assurée par l’article premier de la loi de 1905.

Négligeons les rodomontades du recteur de la mosquée de Paris qui affirme que ce procès doit « faire prendre conscience aux juristes de l’existence d’un islam de France, deuxième religion nationale », omettant de préciser que seuls 4 % de notre population se reconnaissent dans cette religion et que seul un quart d’entre eux la pratique vraiment (« Le Monde des Religions » 01 /07). S’il y a vraiment une caractéristique du paysage « spirituel » français, c’est bien le fait qu’un français sur 3 ne se réclame d’aucune religion et que la moitié de ceux qui se disent « catholiques » ne sont pas sûrs de l’existence de Dieu...

Méprisons les affirmations péremptoires de ce même recteur qui crie à « l’injustice de traitement » qui frapperait les musulmans et qu’ils appartiendraient à des « ethnies humiliées » (« Le Figaro » en ligne - 03/02). Tout ce qui est excessif est insignifiant et tout discours manipulateur ne vaut que « roupie de sansonnet »...

Non... Intéressons-nous seulement ici à ce que vont dire - à propos de ce procès qui met en jeu la liberté d’expression et la caractéristique laïque de notre espace politique et sociétal - ceux qui vont se présenter aux suffrages des français lors de la prochaine échéance présidentielle.

Car ils ont là un exercice pratique susceptible de leur permettre de montrer leur attachement à l’un des principes fondateurs de la loi de 1905, et de le faire autrement que dans un discours convenu, la main sur le cœur et la bouche arrondie. Ils ont là une application, sur le terrain et « grandeur nature », de leur pétition de principe affirmée par 8 d’entre eux (à ce jour) dans leurs réponses au questionnaire que leur ont adressé « Les Laïques en Réseau », questionnaire dont la question 7 était formulée ainsi : « assurerez-vous une totale liberté d’expression, d’analyse, de critique, d’examen, de discussion, de satire sous toutes ses formes en refusant tout retour au délit de blasphème ? ».

On comprendrait mal qu’ils restent silencieux devant une situation politico-juridique qui engage un aspect de cette laïcité inscrite dans notre Constitution.

Les citoyens de ce pays peuvent compter sur « Les Laïques en Réseau » pour être informés des prises de position de chacun .

Site : www.liberte-egalite-laicite.fr

Association
dimanche 18 février 2007,
17:00

9 février 2007.

Mensonge dans la vérité des libertés
Que va encore trouver Charlie Hebdo pour nous faire rire ?

A la suite du procès pour la publication de caricatures du prophète Mahomet contre Charlie Hebdo, des personnalités de diverses tendances politiques ont apporté leur soutien
au Journal, voulant ainsi prouver que la France est un pays de défense des libertés laïques et démocratiques.
Chacun sait que les libertés des uns s’arrêtent où commencent celles des autres.
En matière de liberté et de démocratie dans un pays laïc, le religieux est par définition et par décret un fait intime.
Une fois fixé le cadre du débat, l’événement doit être déduit de son inflexion politique et philosophique qui semble avoir été minimisée.
Selon un principe éthique déjà ancien toute « vérité » n’est pas bonne à dire ainsi qu’il est enseigné, la vérité n’étant ni univoque ni authentique.
En la matière, Derrida remarque que l’Etat de droit ne doit pas desservir la cause d’une vérité en pervertissant de façon dogmatique ou orthodoxe la véracité d’un énoncé relatif à un fait réel.
Dans un passé pas très lointain il existait un art de diriger la conduite de la profession de journaliste « inscrite dans les choses » disait Sartre. Mais la presse telle que décrite par Derrida et aujourd’hui les média en général, ne sont plus lieux de rassemblement et de production de la parole publique, mais la falsification de l’espace de l’Agora. Il est manifeste que Charlie Hebdo passant outre à toute éthique ne fait plus la différence entre la « vérité des faits » et la « vérité rationnelle » qui forment la charpente de tout discours journalistique responsable.
L’équipe du journal a-t-elle perdu ses repères entre humour et dérision, entre ironie et sarcasme, entre risée et mépris ? Poursuit-elle une stratégie de déstabilisation, de subversion inhérente aux publications idéologico politiques en s’autorisant des actes de propagande ?
Les juges devraient orienter leur réflexion dans cette direction en étudiant la ligne éditoriale du journal sur quelques années et non pas simplement sur le préjudice moral causé par les images publiées.
Hannah Arendt remarquait que la presse ne cherchait plus qu’à produire des effets de vérité au service de la puissance capitalistico-techno médiatique, même sur les sujets les plus graves de l’histoire de l’humanité.
En monopolisant la parole publique les média occupent une place déterminante dans toute analyse de falsification des faits et en tant que tels, ils ne doivent penser vrai qu’en fonction d’opportunité, plutôt qu’en vertu du prétendu droit acquis de pouvoir mentir.

Dans ces conditions déclarer la culpabilité de ceux dont ils ne partagent pas l’idéologie n’est qu’une vérité de révélation révisionniste qui dénote d’un régime totalitaire fondé sur le témoignage plutôt que sur les preuves.
Selon Derrida, le processus du mensonge moderne ne serait plus une dissimulation venue voiler la vérité, mais un procédé de destruction de celle-ci.
Par le passé, le mensonge pouvait manifester une promesse de vérité mais aujourd’hui il ne produit plus que des effets de croyance sur un fond de rien.
Comment distinguer alors le terrorisme signifié par le signe de celui se déclarant dans l’acte ?
Association Démocratie Participative Citoyenne
BP 6123 - 75061 Paris cedex 02


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