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"Donner une seconde vie aux livres"

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Gros plan

L'idée vient d'Italie et ce sont les conseils de quartier du XIIe arrondissement qui l'ont importée. Le concept : remettre en circulation des livres lus et oubliés sur des étagères de bibliothèques. "Circul'livre donne une deuxième vie aux bouquins ; cela favorise l'accès à la culture" , explique Lisbeth Gouin, du conseil de quartier Plaine-Lagny (Paris XXe ). L'idée, partie du XIIe, a essaimé aux alentours. Le but étant de convaincre tous les arrondissements d'adopter un projet similaire. La chose (...)

L’idée vient d’Italie et ce sont les conseils de quartier du XIIe arrondissement qui l’ont importée. Le concept : remettre en circulation des livres lus et oubliés sur des étagères de bibliothèques. "Circul’livre donne une deuxième vie aux bouquins ; cela favorise l’accès à la culture" , explique Lisbeth Gouin, du conseil de quartier Plaine-Lagny (Paris XXe ).
L’idée, partie du XIIe, a essaimé aux alentours. Le but étant de convaincre tous les arrondissements d’adopter un projet similaire. La chose sera débattue à l’occasion d’une prochaine réunion des présidents de tous les conseils de quartier de la capitale. Car si l’idée n’est pas difficile à mettre en place, elle exige de trouver des lieux de stockage et des lieux de dépôts de livres, chacun pouvant prendre des ouvrages, en laisser, en échanger...
Le conseil de quartier de Plaine-Lagny s’est entendu avec le patron du Terminus, café situé à l’angle du cours de Vincennes et du boulevard de Charonne, pour stocker les livres dans sa cave. "Il a accepté car pour lui ce type d’action est important pour favoriser la démocratie locale" , explique Lisbeth. Résultat : le stand Circul’livre - en place les premiers samedis de chaque mois - se trouve à deux pas du café. On y trouve des livres pour enfants, des classiques, des polars, des BD... "Ce matin, une mamie est passée ; elle a pris cinq livres. Elle nous a dit, ravie : “j’ai mes romans pour l’été”. Elle ne serait jamais allée en bibliothèque et n’a pas les moyens d’en acheter", relate Lisbeth.
Le conseil de quartier ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Mais, pour déployer le dispositif, il faudrait multiplier les bornes de dépôt... dans les cabines téléphoniques, à la sécurité sociale, dans la mairie d’arrondissement, etc. D’ores et déjà, la mairie du XIIe a mis en place un stand géré par des employés municipaux. Les conseillers de quartier espèrent bien que l’idée sera reprise à la mairie du XXe...

"Travailler sur ce qui nous oppose"

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Reportage

Lundi 6 juin, 18h30. La Maison des associations du XVIIIe arrondissement - flambant neuve - est vide. Seule une dizaine de personnes occupent les lieux. Prof, agent de développement local, fonctionnaire municipal, journaliste..., ils constituent le noyau dur de citoyens qui se retrouvent tous les lundis pour faire du théâtre forum et "débattre des enjeux actuels de notre société". La formule, inventée par un Brésilien, consiste à utiliser le théâtre comme outil de transformation sociale : une scène, (...)

Lundi 6 juin, 18h30. La Maison des associations du XVIIIe arrondissement - flambant neuve - est vide. Seule une dizaine de personnes occupent les lieux. Prof, agent de développement local, fonctionnaire municipal, journaliste..., ils constituent le noyau dur de citoyens qui se retrouvent tous les lundis pour faire du théâtre forum et "débattre des enjeux actuels de notre société".
La formule, inventée par un Brésilien, consiste à utiliser le théâtre comme outil de transformation sociale : une scène, en général inspirée par des faits réels et à la conclusion souvent négative, relate une situation qui pourra être "transformée" par les spectateurs. Ceux-ci, après avoir vu la scène une première fois, peuvent lors de la reprise, interrompre l’action et prendre la place de l’un des personnages. Objectif : influer sur le cours de l’histoire, proposer des alternatives...

Un atelier militant

Aujourd’hui, la séance est animée par Jean-René Jalenques, comédien intervenant de la compagnie Arc en ciel en charge de cet atelier. "C’est un atelier militant, mais qui propose un autre type de militance que celle pratiquée par les partis ou les associations. Le théâtre forum permet de créer du lien, de travailler sur ce qui nous oppose", explique le comédien.
Le thème varie selon l’humeur et les préoccupations des participants. En ce lundi, la citoyenneté est à l’honneur. Mais, avant de se pencher sur la thématique du jour, le groupe s’adonne à des petits jeux. Ainsi, chaque personne marche dans la salle puis au top donné par l’animateur doit se retrouver à égale distance de deux autres participants préalablement choisis. Le groupe parviendra-t-il à trouver son équilibre dans le respect de la règle ? "Pour y parvenir, il faut que chacun admette une marge d’erreur", commente Thierry. Jean-René rebondit : "c’est à l’image de la société, pour qu’elle fonctionne, il faut que chacun fasse des compromis". La phrase ne lancera pas de débat. L’ambiance est joviale et bon enfant... Durant les jeux, ça court, ça se chamaille, ça rit...
Après plusieurs exercices de ce type, le groupe se divise en deux, chacun devant inventer une "maquette", une situation mettant en jeu la citoyenneté. Le premier groupe présente une scène située dans un conseil de quartier. Un élu anime la réunion. Une femme, sans-papiers et nounou bien connue dans le quartier, rejoint l’assemblée pour évoquer la question de la voirie. Des conseillers s’insurgent contre sa présence, lui dénigrant le droit de participer à la réunion puisque non citoyenne de ce pays. L’élu de la maquette laisse faire. Il est remplacé par un participant, plus enclin à défendre son ordre du jour et à ne pas laisser le débat s’installer sur cette question. A nouveau, un autre participant prend place dans la scène pour le contrer...
La situation de départ évolue au fur et à mesure des interventions. Chacun s’interroge sur la légalité d’une telle présence, sur la marge de manœuvre de l’élu, sur la définition du statut de citoyen... L’objectif étant de travailler sur chaque intervention pour mettre en jeu leurs conséquences, leur crédibilité dans la vraie vie, etc.
Autre groupe, autre scène. Un militant vient informer des citoyens que le parc dans lequel ils promènent leurs enfants, jouent aux boules, etc. va être transformé en parking. Comment s’y prend-il pour les convaincre d’agir ? Comment faire face aux arguments d’ordre économique que lui oppose un commerçant, soucieux de rendre sa ville plus facile d’accès ? etc. Il est déjà 21 heures. La scène provoquera peu d’interventions.

Du lien inter-associatif

Le groupe se sépare en se donnant rendez-vous le lundi suivant. La Maison des associations est toujours vide. A l’entrée, des boîtes aux lettres rutilantes témoignent de la présence dans les lieux de 80 organisations (Mrap 17è et 18è, Les Amis de Barbara, E-génération, etc.). "Pour les associations, cet endroit est avant tout un espace ressources, commente Jean-René Jalenques. Il n’y a pas de lien inter-associatif, à l’image de ces boîtes aux lettres posées les unes à coté des autres. Nous avions proposé d’organiser un atelier pour qu’elles se rencontrent : elles ont sûrement des choses à se dire...". L’idée n’a pas été retenue...

Canal péniche

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Cette semaine, dans le XIXeme arrondissement, elle est partout : placardée sur les murs, collée sur les devantures des commerces. Pour annoncer la journée de mobilisation anti-OGM organisée ce samedi 18 juin sur le bassin de la Villette, les associations participantes ont mis la péniche Antipode sur le devant de l'affiche. Le jour J, un énorme ballon gonflé à l'hélium servira de point de ralliement au-dessus du bateau. Une banderole aux couleurs de Greenpeace barrera son flanc. Le week-end (...)

Cette semaine, dans le XIXeme arrondissement, elle est partout : placardée sur les murs, collée sur les devantures des commerces. Pour annoncer la journée de mobilisation anti-OGM organisée ce samedi 18 juin sur le bassin de la Villette, les associations participantes ont mis la péniche Antipode sur le devant de l’affiche. Le jour J, un énorme ballon gonflé à l’hélium servira de point de ralliement au-dessus du bateau. Une banderole aux couleurs de Greenpeace barrera son flanc.
Le week-end s’annonce vert, une couleur qui lui va bien. Au bar aménagé à l’intérieur, les biscuits se grignotent équitables, la bière se sirote au quinoa. Certains soirs, on y parle le Larzac couramment. Mais l’artiste a d’autres tenues de scène, d’autres coloris en tête.
Il y a quatre ans, elle est arrivée rose et fraîche, pour produire des spectacles pour enfants. Ses nouveaux propriétaires avaient embarqué à bord leurs créations jeune public, rodées au théâtre des Déchargeurs et au Clavel, comme A la recherche du doudou perdu, toujours à l’affiche.
Mais chercher son doudou n’est pas une occupation suffisante pour une péniche. Elle s’est trouvée rapidement mille centres d’intérêt, à la mesure de sa gentillesse et de son ouverture d’esprit. Aujourd’hui, le collectif des associations du quartier ne se réunit jamais sans elle. Les évènements culturels locaux se déroulent en sa présence. Les actions citoyennes entreprises dans l’arrondissement trouvent là un point d’ancrage précieux. Elle aime aussi les enfants, et la proximité du Cafézoide le lui rend bien.
Petit à petit, elle s’est rendue indispensable mais refuse, poliment, de se laisser coller une étiquette. Elle possède un talent certain pour rallier les esprits aux causes qu’elle défend, pour délier les langues et refaire le monde, comme si une péniche était un territoire neutre, que la parole pouvait s’y exprimer librement.
Bref, Antipode n’est pas prête de larguer les amarres, trop indispensable dans le paysage. Dimanche soir, on y dansera la Salsa, ça changera. Les jeudis, on s’y concerte... en musique. Cet été, n’y allez pas. Antipode se retire deux mois, comme chaque année. Les canaux l’exigent : pas de stationnement à l’année. Peut être est-ce mieux ainsi. Une péniche n’a pas les pieds sur terre, c’est aussi pour cela qu’on l’apprécie autant.

Du social dans l’objectif

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Portrait

Leila Bousnina, dont les photos de Maghrébins en solitude animent les murs du café Point Ephémère sur le quai de Valmy, a choisi le noir et blanc pour faire parler ces hommes mûrs venus de l'autre côté de la Méditerranée. La trentaine toute en énergie, en coup de gueule et en coup de cœur, Leila, d'origine algérienne elle-même, a été touchée par ces hommes ayant immigré pour construire la France d'après guerre, souvent seuls, laissant la famille au pays. Elle les a rencontrés jour après jour à Marseille (...)

Leila Bousnina, dont les photos de Maghrébins en solitude animent les murs du café Point Ephémère sur le quai de Valmy, a choisi le noir et blanc pour faire parler ces hommes mûrs venus de l’autre côté de la Méditerranée. La trentaine toute en énergie, en coup de gueule et en coup de cœur, Leila, d’origine algérienne elle-même, a été touchée par ces hommes ayant immigré pour construire la France d’après guerre, souvent seuls, laissant la famille au pays.
Elle les a rencontrés jour après jour à Marseille place des Voleurs où un marché aux puces sauvage leur permettait, eux qui n’ont aucun endroit pour se réunir, de garder le lien tout en vendant des petits objets à trois sous. Puis quand, travailleuse sociale, elle accompagnait dans leur quotidien ces retraités coupés de leur pays d’origine.
De retour à Paris où elle participe pour la mairie à l’accompagnement et au relogement des habitants d’un hôtel insalubre du Xe, elle en a rencontré d’autres ; de cette tribu qu’elle connaît, qu’elle a appris à aimer, elle se sent le bras qui peut raconter l’histoire et l’œil qui fait les portraits.
Séduite par leur simplicité, Leila est avant tout admirative de leur regard de sociologue sur un monde qui ne les voit même plus. "On se casse trop la tête, ces gens-là me permettent de simplifier tout", dit-elle. Une exposition à la mairie du Xe permet, depuis le 8 juin, de visiter ses séries de portraits en noir et blanc.

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Le Courrier de Bovet

Date de création : 1950 Objectif : Organiser des échanges de correspondance entre des détenus et des personnes prêtes à leur apporter une écoute et un soutien moral (National). Activités : Créé en 1950, le Courrier de Bovet, du nom de sa fondatrice Madame de Bovet, est une association nationale loi 1901 qui propose aux détenus un accompagnement épistolaire afin de faciliter leur (ré)insertion (...)